Fin février 2026, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a publié un rapport très attendu quant au rôle et aux limites des instituts médico-éducatifs (IME). Pilier de l’accompagnement des enfants et adolescents en situation de handicap en France, ils sont pris en étau entre la politique inclusive et la nécessité de conserver des possibilités d’accueil, en particulier pour les situations les plus complexes.
Si l’IGAS a souligné les transformations existantes vers des dispositifs plus ouverts et plus souples, le rapport démontre également l’insuffisance persistante de l’offre, marquée par des tensions d’accès importantes, des disparités territoriales mais aussi une raréfaction des ressources humaines. Pour l’IGAS, ces réalités ne permettent pas de répondre à l’évolution des profils accueillis (augmentation des troubles sévères, des handicaps associés et des besoins en soins spécialisés).
Parmi eux, le rapport souligne l’augmentation du nombre d’enfants également protégés, qui représentent 15% des enfants accompagnés en IME. Si le rapport appelle à une plus forte coopération avec les services de l’Aide sociale à l’enfance et recommande de rendre obligatoire l’avis des services de l’aide sociale à l’enfance pour les renégociations des CPOM, la CNAPE regrette qu’il ne soit pas allé plus loin en matière de recommandations permettant d’adapter ces structures aux besoins multiples de ces jeunes ».
À cela s’ajoutent d’autres difficultés, comme la transition vers l’âge adulte qui constitue un point critique et une période de fragilisation importante pour les jeunes accueillis. Les constats (absence de solutions adaptées en aval des IME, rupture des parcours, augmentation du nombre d’amendements « Creton », insuffisance d’offres adaptées aux aspirations des jeunes) rejoignent ceux posés par la CNAPE en 2023 dans sa note « Le passage à l’âge adulte des jeunes en situation de handicap : ériger un environnement capacitant ».
Pour répondre à ces difficultés, l’IGAS préconise le repositionnement des IME dans une offre à la fois plus souple et plus graduée. L’inspection appelle à consolider les capacités d’accueil là où les besoins sont les plus forts, tout en développant des formes d’intervention plus modulaires, notamment via des équipes mobiles et des prestations « hors les murs ». Le rapport appelle en parallèle à une clarification du cadre réglementaire et à un investissement accru dans les ressources humaines, afin d’adapter les compétences aux profils accueillis. Il souligne enfin l’importance de soutenir davantage les familles et de structurer un plan pour les 16-25 ans, afin de sécuriser les parcours vers l’insertion sociale et professionnelle.